Pascal Chabot | Pascal Chabot : Livres
Ecrire est encore la meilleure manière de mettre un peu d’ordre dans ses idées, en les organisant autour de quelques auteurs (comme Bergson, Jankélévitch ou Simondon) et de quelques thèmes (le progrès, l’utile et le subtil, le burn-out, la transition). Le tout est de rester fidèle à l’esprit de l’essai : clarté, diversité des méthodes d’investigation, respect de la langue, non finito…
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Livres

ChatBot le Robot (PUF, 2016)

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Les chatbots sont des intelligences artificielles aux aptitudes conversationnelles développées. On apprit la philosophie à l’un de ces robots, et il fut demandé à un jury de penseurs réputés de répondre à cette question : s’agit-il vraiment d’un philosophe? Ils décidèrent pour le savoir de l’auditionner.

Cette fiction a été adaptée pour la scène au Festival les Inattendues (Tournai, 2015) avec Robin Renucci dans le rôle titre.

L’âge des transitions (Puf, 2015)

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Quel nom se donne notre époque ? S’agit-il encore d’une époque « postmoderne » ? La thèse défendue dans ce livre est que le terme de « transition » peut nommer le nouvel imaginaire du changement dont nous faisons l’expérience.

 

Pour le montrer, le livre analyse ce qui traverse des expériences diverses dans les domaines énergétique, politique ou démographique, dans lesquels s’inventent des modèles de transition (qui signifie étymologiquement« aller au-delà). Une méthode des transitions est proposée, qui philosophiquement passe par trois contraintes : ouvrir les boîtes noires, c’est-à-dire s’intéresser aux moyens et pas seulement aux finalités (dans la lignée de Gilbert Simondon) ; affirmer et déployer le progrès subtil, afin que le progrès utile ne jouisse plus du monopole exagéré que lui confère le technocapitalisme ; montrer l’importance du respect et de la reconnaissance dans l’évolution des mentalités.

 

Animé par la conviction que l’énergie est le grand refoulé de l’histoire de la philosophie occidentale, qui privilégie la matière et la forme, la partie de l’ouvrage consacrée à la transition énergétique interroge notre rapport au pétrole et aux énergies fossiles. L’analyse est centrée sur le lien entre les énergies humaines (notamment l’enthousiasme) et les énergies non-humaines, et renouvelle certains arguments en faveur des énergies renouvelables.

 

La transition démocratique est ensuite analysée, notamment sur base des travaux méconnus des « transitologues » américains des années 60 et 70, qui servirent de base de réflexion à Mandela notamment. La transition démocratique n’est seulement un impératif extra-européen. Elle concerne également nos imparfaites démocraties. En centrant la recherche sur les rapports entre pouvoir et violence (dans le droit fil d’Hannah Arendt), il s’agit ici de montrer quels types d’horizon ouvre le concept de transition, en le démarquant de l’imaginaire des révolutions, dont l’impératif de « table rase du passé » et les stratégies de terreur constituèrent, au vingtième siècle, l’idéal dominant du changement. Mais les temps ont changé et la révolution est devenue insoutenable. Philosophiquement, qu’implique ce changement de notre rapport au changement ?

 

Quant à la transition démographique, souvent à l’origine des peurs du grand nombre, il est montré tout à la fois son intérêt et ses limites. En déconstruisant le concept, l’analyse en revient, pour permettre la coexistence, à affirmer que les véritables leviers d’action se situent au niveau de la puissance (transition énergétique) et du pouvoir (transition démocratique), et non au niveau du concept de « population », déconstruit par les démographes eux-mêmes.

Global burn-out (Puf, 2013)

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La thèse défendue est que le burn-out est une pathologie de civilisation. Il n’est pas seulement un trouble individuel qui affecte certaines personnes mal adaptées au système, ou trop dévouées, ou ne sachant pas (ou ne pouvant pas) mettre des limites à leur investissement professionnel. Il est aussi un trouble miroir où se reflètent certaines valeurs excessives de notre société : son culte du plus, du trop, de la performance, de la maximisation, tout cela démultiplié par des technologies qui imposent souvent leur temporalité à l’homme.

La première partie de l’ouvrage analyse trois moments historiques de naissance de la notion : sa description par le psychiatre Herbert Freudenberger ; sa création par le romancier Graham Greene, dont il est prouvé qu’il est le premier à l’utiliser ; son antécédent historique, l’acédie monastique. Ensuite, en réfléchissant sur le perfectionnisme, sur la place des métiers d’aide dans notre société (enseignants, médecins, infirmières), au rapport des femmes avec le sphère professionnelle, à la question de la reconnaissance, la question centrale est abordée: ce trouble peut-il être l’occasion d’une métamorphose grâce à laquelle une personne peut se rapprocher de ses paysages intérieurs ? L’expérience du non-sens peut-elle motiver une réorientation vers un rapport au monde plus sensé ?

Les sept stades de la philosophie (Puf, 2011)

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Une tradition assez répandue en philosophie voudrait que cette discipline soit inutile, car ce serait pour elle déchoir que d’avoir une utilité. Le livre prend le contre-pied de cette thèse, et explore les liens tendus et complexes entre la vie et la théorie. Si la philosophie peut nous aider à mieux vivre, c’est d’abord parce qu’elle interroge ce que serait une bonne vie.

 

Mais la philosophie n’en reste pas à l’interrogation : elle opère. Elle a des fonctions qui sont les suivantes: élucider, libérer, se connaître, transmettre, prospecter, transformer et réjouir. Etre philosophe, c’est penser que ces opérations intellectuelles permettent de mieux vivre. En privilégiant l’opération sur le concept, le livre entend montrer que ce qu’il y a de transhistorique dans la philosophie est une volonté d’opérer, et d’avoir des effets utiles.

Après le progrès  (Puf, 2008)

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Le livre interroge notre relation ambiguë au progrès, car si le terme n’est plus un étendard de la pensée, ni une « fierté » comme il le fut naguère, jamais cependant une époque n’a autant fait l’expérience de progresser, surtout dans les sphères techniques et scientifiques.

 

Après avoir cherché à privilégier un rapport pragmatique, plutôt qu’idéologique, au progrès, le livre fait la différence entre deux conception du progrès : le progrès utile, qui fonctionne par capitalisation, et de manière multi-linéaire : il est au fondement de l’avancée des sciences et des techniques ; c’est le progrès technocapitaliste. Mais contre l’opinion dominante qui semble penser qu’il n’existe qu’un progrès utile, il faut créer le concept de progrès subtile, lequel est cyclique et initiatique : il est le progrès humain par excellence. Cyclique et initiatique car il faut toujours réapprendre à vivre, réinterpréter les valeurs, réinterroger le sens. Aucun capital, ici, ne peut se substituer à l’expérience de vivre.

 

En cherchant un difficile équilibre entre progrès utile et progrès subtil (et en interrogeant des figures célèbres de la mentalité progressiste, notamment Robinson Crusoé), le livre affirme qu’un nouvel imaginaire du changement est nécessaire. Ce dernier sera, plusieurs années plus tard, formalisé comme « transition ».

La philosophie de Simondon (Vrin, 2003)

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L’ouvrage est une version condensée de la thèse de doctorat de l’auteur : « Processus technique et processus d’individuation dans la philosophie de Gilbert Simondon », qui fut la première thèse universitaire consacrée à ce penseur majeur, sous la direction du Pr. Gilbert Hottois  (Jury : Anne Fagot-Largeault, Isabelle Stengers, Jean-Noël Missa, Maurice Weyenberg).

 

L’ouvrage propose une initiation à la philosophie de Simondon, en explicitant les concepts d’individuation, de devenir, de concrétisation et de transduction. Il explore le rapport de la philosophiesimondonienne à Bergson, Marx et Jung, et montre son intérêt irremplaçable pour la compréhension de notre époque.

Territoires intimes. Michèle Noiret, la danse-cinéma (Alternatives Théâtrales, 2010)

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“Je cherche à chorégraphier l’invisible de nous-mêmes, à révéler ce hors-champs qui sous-tend la vie” déclare Michèle Noiret. Réunissant souvenirs, analyses et études d’une dizaine de journalistes et d’artistes (parmi lesquels deux beaux textes de Joseph Noiret), cet ouvrage, coordonné par le philosophe Pascal Chabot, est consacré à vingt ans de création. Le parcours est illustré par la photographe Sergine Laloux, révélant le monde onirique qui “s’est toujours abreuvée à plusieurs sources : la poésie de son père, Joseph Noiret, l’un des fondateurs du mouvement Cobra; la musique contemporaine de Karlheinz Stockhausen (…), l’imaginaire visuel de cinéastes tel que Andreï Tarkovski (…), l’univers des peintres et plasticiens de Serge Vandercam à Maurice Pasternak”, note Jean-Marie Wynants. Les textes soulignent l’exigence inventive de la chorégraphe, “artiste jusqu’au bout des ongles” (Claire Diez), pour atteindre les lointains intérieurs”.
Bernadette Bonis, Danser, janvier 2011